Véronique Péry
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Extrait du roman

A une passante



...
 
        "...L’eau ruisselait sur le boulevard en serpentant entre les pavés escamotés, pour s’évanouir dans le caniveau en un long flot saumâtre balayant les détritus échoués. Quelques parapluies détrempés s’ébrouaient devant des portes entrebâillées, et, emportés par des fourrures synthétiques galvanisées de bijoux clinquants, disparaissaient dans des halls faiblement éclairés, ou s’engouffraient dans des cages d’escaliers obscures.
 
Plusieurs femmes aux longues bottes de Skye attendaient tout autour de ses portes de bois désuètes, adossées aux murs suintants de ces singulières habitations, la cigarette à la bouche, alors que d’autres arpentaient en piaulant, la parcelle de trottoir qui leur était attribuée.
Dépassant les enseignes lumineuses avisant les talents galvaudés, Barbara roulait lentement le long du bas-côté, parmi ces femmes dévoyées dont le visage s’illuminait au rythme des néons blafards clignotants sur le bitume détrempé.
Elle inséra un album d’Otis Redding dans le lecteur CD, et monta le son pour couvrir celui des essuies glaces qui battaient la mesure en crissant sur le pare brise.
Une BMW la dépassa, ralentit, puis s’arrêta et Barbara qui scrutait la rue depuis plus d’une demi heure, immobilisa son véhicule également.
Une jeune femme se dirigea vers la vitre de la voiture qui venait de s’abaisser.

 
En jupe très courte, les jambes maigres rehaussées de talons hauts et de bas-résille démodés, la fille à l’allure dégingandée se déhancha grossièrement pour se pencher par l’ouverture. Après quelques mots échangés que Barbara ne pouvait entendre, elle écarta les pans d’un ciré blanc qui s’ouvrirent sur une poitrine plate, soutenue par un boléro à dentelles transparent. Mais le véhicule en attente démarra en trombe, et la femme leva un doigt en vociférant. Puis elle s’avança vers la voiture de Barbara, qui n’avait pas bougée.
Barbara abaissa sa vitre et l’autre eut un mouvement de recul.

-Bonsoir ! lança Barbara pour l’alpaguer.
-B’soir...J’t’arrête tout d’suite ma poule, j’fais pas les gonzesses !
-Tant mieux ! Combien pour trois jours ? fit Barbara en lui souriant.
-Attends ! T’as pas compris… j’fais pas d’trucs zarbis ma poule ! J’fais pas les lesbiennes j’te dis ! Mais j’connais quelqu’un si tu veux ! Hé !!! Claudia ?! J’ai une moule pour toi ! fit-elle en hélant une de ses amies, occupée à discuter avec d’autres filles adossées au tronc d’un platane..."

 
...






 
Réponse pour le roman A une passante

Les Editions Quebecor

Réponse de Jacques Simard
Editeur et Directeur Général

 




























 



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